La mobilisation s’organise pour la défense de l’hôpital d’Aubagne

danger pour l'hôpital d'Aubagne

Après la brutale annonce par l’ARS du transfert du service de réanimation de l’Hôpital – public – d’Aubagne vers la clinique – privée – de la Casamance (lire l’article de Matin 9 à ce sujet), les salariés de l’hôpital se mobilisent et les réactions de soutien se multiplient.

Ce jeudi 4 mai, affluence très inhabituelle pour un début d’après-midi dans le hall de l’hôpital d’Aubagne. Les salarié.e.s ont répondu nombreux à l’appel des organisations syndicales. Objectif tenir une conférence de presse, mais aussi tester la mobilisation. Parmi les 100 à 150 personnes composant l’assistance, on trouve beaucoup de personnels soignants, des aubagnais en colère, dont Daniel Fontaine l’ancien Maire et Sylvie Pillé candidate de la France Insoumise aux législatives.

La déclaration préliminaire des organisations syndicales en vidéo (montez le son)

« Ce serait une première en France que l’on transfère un service de réanimation d’un hôpital public pour le donner à une clinique privée » explique la responsable de la Cfdt. « La réanimation est un service central » dans un hôpital, explique cette syndiquée SUD,  la supprimer c’est impacter la chirurgie, la radiologie et mettre en danger les patients… Il va rester quoi à l’Hôpital d’Aubagne : les « petites » urgences et la maternité ? Tout ce dont ne veut pas une clinique car pas assez rentable.« 

Pour la Cfdt, « l’Agence régionale de la santé a un projet médical partagé publique privé sur notre territoire. »  » Au lieux de nous aider l’ARS nous enfonce » et de dénoncer « la fin des aides exceptionnelles » qui permettaient à l’hôpital d’équilibrer ses comptes.

Patients en danger

 » C’est aussi une question d’utilisation de l’argent publique qui est posée, surenchérit un responsable syndical, le service a été réhabilité il y a moins de 5 ans pour 4 millions d’Euros. Et on abandonnerait cet investissement ?« 

Et c’est bien au-delà d’Aubagne que l’impact s’en ferait ressentir  » Pas de réa à La Ciotat, ni à Brignoles. rappelle une militante SUD. Les patients nous arrivent parfois de l’ouest varois. Et il faudrait qu’ils aillent jusqu’à la Casamance. C’est les mettre encore plus en danger.« 

Pour la responsable CGT :  » Ce projet arrive à point pour La Casamance qui connait des difficultés en ce moment. Quand la clinique allait bien, elle refusait toutes nos propositions de partenariat. » Et là c’est un cadeau que les salariés ont évalué à 1 millions d’Euros qui lui est fait.

Des élus de gauche mobilisés

Autres réactions celle de Sylvie Pillé, candidate France Insoumise aux législatives de juin présente lors de ce rassemblement : « J’apprends avec stupéfaction et consternation la décision de l’Agence régionale de santé de transférer à la clinique privée la Casamance le service de réanimation de l’Hôpital Edmond Garcin d’Aubagne. J’apporte donc mon soutien plein et entier à la lutte des syndicats et du personnel pour conserver ce service, cœur de l’hôpital.« 

Sylvie Pille a consacré une tribune à ce sujet publiée hier soir sur Matin 9.

Denis Grandjean, conseiller municipal écologiste d’opposition a réagit sur la page Facebook de Matin 9 : « Encore un exemple d’équilibre rompu entre public et privé. Toujours au détriment du service public.  La France a pourtant les moyens d’un système de santé pour tous.  Les économies en matière de santé publique sont à faire en s’attaquant aux immenses bénéfices des laboratoires et en mettant en œuvre une vraie politique préventive : alimentation plus saine, environnement moins pollué, travail mieux adapté... »

Si l’ARS espérait que sa décision passe inaperçue c’est raté, si elle escomptait l’absence de mobilisation des aubagnaises et des aubagnais c’est encore raté. Comme en 2009, avec la chaine humaine autour de l’hopital, les aubagnais.es répondent présents pour défendre leur hôpital.

Gabi Monnier